Le 21 Mai 2008

DE L'EXTERIEUR, impossible de voir que l'entreprise Stem, basée à
Verrières-le-Buisson et spécialisée dans le nettoyage, est occupée par des employés sans papiers. Seul un drapeau CGT, planté au-dessus du portail métallique, met la puce à l'oreille. Pourtant, hier matin, six salariés de Stem ont investi les lieux, à 8 heures.
Une occupation pacifique, sans heurts, qui fait suite aux quatre autres déjà enregistrées en Essonne. A
Courcouronnes, dix travailleurs en situation irrégulière ont également pris position hier dans leur société, Europe Services - officiant elle aussi dans le domaine de la propreté -, avec le même but : obtenir des papiers.
Une entrevue devait avoir lieu hier soirChez Stem, ils sont assis tranquillement dans le lumineux hall d'accueil. Ils ont pris place sur quelques sièges. Certains écoutent de la musique dans leurs écouteurs, d'autres discutent à voix basse. La direction n'avait pas été prévenue. Les sans-papiers sont arrivés, drapeaux rouges siglés CGT à la main. « Au début, ils ont un peu tiqué, explique Dabo, dans l'entreprise depuis cinq ans. Mais ils ont vu que nous étions syndiqués et nous ont laissé faire. » Avec ses camarades, ils s'organisent et cotisent pour acheter la nourriture. Deux font les courses, pour éviter d'abandonner les lieux.
La direction de Stem doit aussi prendre ses dispositions. « Qu'ils revendiquent ne nous dérange pas, au contraire. Mais qu'ils restent dans l'entreprise la nuit pose un problème de sécurité », jauge une responsable. Un vigile a été embauché dans l'urgence. En attendant, les autres employés vaquent à leurs occupations, comme si de rien n'était. Une entrevue devait avoir lieu hier soir entre les patrons de l'entreprise et Raymond Cheveau, responsable de l'union locale CGT et instigateur du mouvement.
« Il y a des occupations partout en ce moment, cela nous a donné des idées », raconte Dabo. Lui a déjà déposé son dossier de demande de régularisation. Ceux de ses amis doivent l'être prochainement. Ils sont décidés à aller jusqu'au bout. Les draps et des sacs de couchage, entreposés sous leurs sièges, l'attestent.
Depuis l'entame de la grève 36 salariés sans papiers sur les 80 concernés (sans compter les nouveaux grévistes d'hier) ont été régularisés en Essonne, selon la CGT.Aujourd hui, à 14 heures à la préfecture d'Evry, les grévistes de BBFà Ormoy ont rendez vous à la préfecture pour, espèrent ils, obtenir à leur tour leur régularisation.
[leparisien91]