Le 21 Mai 2008
Un mois après le début du mouvement, plus de 300 salariés clandestins ont cessé le travail hier en Ile-de-France, dont plusieurs dizaines dans le département.
DEUXIEME offensive de la CGT et de l'association Droits devant ! sur le dossier des travailleurs sans papiers en Ile-de-France. Un mois après le premier conflit, notamment au Café de la Jatte à Neuilly et chez Passion Traiteur à Colombes, le syndicat annonce qu'environ 320 salariés, dans 23 sites, se sont mis en grève hier matin. « Cette deuxième offensive, c'est un avertissement sérieux au gouvernement », déclare Raymond Chauveau, de la CGT Essonne, leader du mouvement.
« Ça va trop lentement, c'est même du sabotage », s'emporte le leader syndical. Depuis mi-avril, 1 000 dossiers de demandes de régularisation ont été déposés par le syndicat dans les cinq préfectures d'Ile-de-France. « Selon nos calculs, seuls 70 dossiers ont été acceptés, précise Raymond Chauveau. Et encore, les personnes n'ont reçu qu'un récépissé préalable à la fabrication d'un titre de séjour. »
Le très select Paris Golf & Country Club également touché
A Paris, rien que dans le quartier des Champs-Elysées, baptisé pour l'occasion « Champs-Papiers », six restaurants sont concernés : le Bistro romain, Pastapapa mais aussi le prestigieux Market, installé avenue de Matignon à quelques pas de l'Elysée.
Dans les Hauts-de-Seine, parmi les sites touchés, le très select Paris Golf & Country Club de Rueil-Malmaison. Un « véritable havre de paix » où les adhérents peuvent pratiquer, à deux pas de l'Etoile, le golf, le tennis, bronzer au bord de la grande piscine ou déjeuner dans un restaurant gastronomique. Hier matin, à 8 heures, 15 sans-papiers se sont mis en grève. « Ce sont des cuisiniers du restaurant, précise Francis Bottalico, de la CGT. C'est un peu le Café de la Jatte bis repetita, un endroit symbolique. » « Dans ce cas, la réaction de la préfecture a été très rapide », se félicite Raymond Chauveau. A 17 heures, le cabinet du préfet confirmait avoir reçu les 15 dossiers de régularisation et commencé à les étudier.
Mais dans les autres entreprises du département, le déroulement est plus compliqué. Ainsi, chez BMS à Nanterre, 32 travailleurs sans papiers sont en grève depuis hier matin 6 h 30. « On en attend encore une quinzaine pour demain (NDLR : aujourd'hui), explique Dominique Kalinski, secrétaire générale de la CGT Nanterre. Ces hommes travaillent en sous-traitance pour de grandes entreprises du bâtiment. La plupart n'ont pas de contrat de travail. »
Hier soir, ils occupaient toujours le terrain de l'entreprise et ils voulaient y passer la nuit.
[leparisien92]
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