jeudi 8 mai 2008

Les sans-papiers du 94 occupent quatre nouveaux sites

Le 8 mai 2008
Alors que la préfecture annonce la régularisation des seize premiers travailleurs sans papiers, les occupations de site se multiplient.
QUATRE nouvelles sociétés sont occupées depuis hier par les travailleurs sans papiers en grève illimitée depuis le 15 avril pour obtenir leur régularisation. Après la Fédération des entreprises de propreté (FEP) à Villejuif, le magasin Paris-Store de Choisy, spécialisé dans les produits alimentaires asiatiques et l'entreprise de nettoyage Seni au Kremlin-Bicêtre, les dernières actions annoncées par la CGT visent la société de nettoyage Comatec àArcuei et trois agences d'intérim (deux sites Adecco et la société Triangle) implantées dans le quartier du Village à Créteil, soit sept occupations au total. Un mouvement est également prévu « sous peu » à Villeneuve-le-Roi, au sein d'une filiale de Veolia Propreté, la société Tais de collecte de déchets industriels.

Après la restauration, le bâtiment et le nettoyage, la CGT s'attaque à une nouvelle cible : les agences d'intérim. La CGT a recensé 61 intérimaires « Actuellement nous avons recensé 61 intérimaires sans papiers sur les trois sites de Créteil. On se rapproche doucement de la préfecture », ironisait hier Caroline Aubry, de la CGT 94, responsable régionale des questions liées à l'immigration lors d'un pique-nique de la solidarité. Celui-ci était organisé devant le magasin Paris-Store de Choisy où près de 100 personnes se sont rassemblées pour soutenir financièrement les grévistes. « Il faudra tenir encore , malgré la fatigue. Nous nous battons pour la reconnaissance de tous les droits de ces salariés dont certains sont rémunérés 2 € de l'heure », ajoute la responsable. A la préfecture, justement, 284 dossiers de régularisation sont examinés actuellement . Pour le moment, seul l'un de ces salariés a été convoqué hier « par téléphone » pour se voir délivrer un récépissé, préalable à sa régularisation (lire encadré). « La préfecture m'a appelé trois fois aujourd'hui (NDLR : hier), explique ce Sénégalais de 38 ans vivant à Fresnes depuis neuf ans. Je veux d'abord une convocation écrite comme ça se passe dans les autres départements. J'ai trop peur de tomber dans un piège. » Petit bémol pour la CGT dans ce conflit « sans débordement » : le jugement du tribunal des référés de Créteil en date du 5 mai qui donne quarante-huit heures au syndicat pour évacuer les locaux de la FEP à Villejuif.« Nous avons reçu l'assignation hier. Nous avons donc jusqu'à jeudi 11 heures pour quitter les lieux. Nous allons nous réunir pour voir comment nous allons continuer le combat, même à Villejuif», annonce Caroline Aubry. Paris-Store a aussi déposé un référé pour ce même motif hier .

[le parisien]

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