dimanche 18 mai 2008

Les occupants de l'eglise st paul de Nanterre participent au défilé contre l'arrivée du Front national

Le 18 Mai 2008
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier pour refuser l'installation du siège du FN à Nanterre. Le maire PC, à l'initiative du défilé, estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n'a rien à faire dans sa ville.

HIER, en début d'après-midi, entre 800 (de source policière) et 1 500 manifestants (selon les organisateurs) ont défilé dans les rues de Nanterre pour protester contre l'installation du siège du Front national dans la ville-préfecture PC des Hauts-de-Seine. Le cortège, composé d'élus locaux de gauche, de militants communistes, de représentants d'associations et d'habitants, est parti de la place des Droits-de-l'Homme à 14 h 30. Il s'est dirigé vers la place de la Boule, à deux pas de la rue des Suisses où le FN devrait emménager dans les prochains jours, après avoir quitté le Paquebot à Saint-Cloud, qui a été mis en vente.

Au cours de cette marche, rythmée par les slogans anti-Le Pen, un groupe de sans-papiers qui occupent l'église Saint-Paul à Nanterre depuis deux semaines ont rejoint les rangs.

« Une provocation »

Patrick Jarry, le maire PC de Nanterre, ceint de son écharpe tricolore, conduisait le cortège avec Jacqueline Fraysse, l'ancienne maire, à ses côtés. « Le FN n'a pas sa place dans notre ville qui porte les valeurs du vivre-ensemble. Le parti de Jean-Marie Le Pen est xénophobe, raciste et dangereux pour la société, déclare-t-il. Son nom va être associé à celui de notre ville. C'est la honte, comme disent les jeunes. Le FN n'a rien à faire chez nous. » Zacharia Ben Amar, un élu socialiste de Nanterre, a fait le déplacement, lui aussi, pour que « l'arrivée du FN ne soit pas banalisée. C'est un parti pas comme les autres. Ses valeurs ne sont pas conformes à notre tradition et à notre image. » « L'arrivée du FN est une provocation. Cette installation va provoquer des problèmes. Il faudra rester calme », estime de son côté Rachèle, une communiste. Les manifestants sont arrivés sur la place de la Boule vers 15 h 30. « Nous avons gagné parce que nous étions nombreux. C'est une résistance citoyenne », s'est félicité Jacques Celet, l'organisateur.

Tandis que la foule se dispersait dans le calme, les habitants de la rue des Suisses, bordée de petits pavillons, discutaient bon train sur le trottoir. De nombreux CRS étaient en faction aux abords du bâtiment vitré de deux étages qui accueillera bientôt le siège du FN. « La présence près de chez moi de Jean-Marie Le Pen m'est insupportable. Pour lui, les chambres à gaz sont un détail de l'histoire. Moi, je n'ai pas oublié qu'une partie de ma famille a été déportée », confie un riverain. « Je ne partage pas les idées du FN mais je ne vois pas comment on peut interdire légalement l'installation de ce parti dans cette ville quand bien même communiste, tempère un voisin. Le FN a fait deux fois plus de voix que le PC lors de l'élection présidentielle (NDLR : 4,6 % pour le PC contre 7 % pour le FN à Nanterre) ».

Quelques incidents ont perturbé la manifestation. Cinq militants d'extrême droite ont tenté de perturber le cortège. Par ailleurs, des membres du cabinet du maire et des lycéens se sont accrochés à la fin du rassemblement.

[leparisien]

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