vendredi 23 mai 2008

« Si les dossiers sont bons, rien ne sert de faire lanterner les gens »

Le 23 Mai 2008
Paris 75
PIERRE BOUSQUET DE FLORIAN, préfet des Hauts-de-Seine
LA PRÉFECTURE des Hauts-de-Seine est citée en exemple par la CGT pour son attitude face aux salariés sans papiers réclamant leur régularisation et la rapidité de traitement des dossiers. Ces dernières semaines, entre Neuilly et Colombes, 24 grévistes sur 25 ont obtenu des papiers pour continuer à travailler. Alors qu'une deuxième vague d'occupations d'entreprises vient d'être lancée, notamment à Rueil et à Nanterre*, le préfet, Pierre Bousquet de Florian, précise sa position sur la question...

La préfecture est aujourd'hui confrontée à une nouvelle offensive de travailleurs sans papiers. Quelle est votre réaction ?

Pierre Bousquet de Florian. « Nous sommes en face d'employeurs qui ont un souci, mais dont on a du mal à comprendre qu'ils ne l'aient pas eu plus tôt. Aujourd'hui, certains sont presque touchants de bonne volonté pour régulariser des gens... les mêmes personnes qu'ils emploient depuis des années sans trop se poser de questions. Dès lors qu'il y a une grève, ça devient un problème, avant ça n'en était pas ! Mes services examinent les dossiers transmis normalement. Ce n'est pas parce que certains sont en situation irrégulière, en grève et soutenus par un syndicat qu'ils doivent griller la politesse à tout le monde. La préfecture ne s'est pas arrêtée de tourner pour examiner les dossiers du Paris Golf & Country Club de Rueil-Malmaison.

La CGT vous cite aujourd'hui en exemple parmi les départements d'Ile-de-France. Pourquoi les régularisations ont-elles été aussi rapides lors de la première vague ?

« Plusieurs dossiers, sur l'île de la Jatte ou encore à Colombes, contenaient des situations dignes d'être régularisées. Les personnes se trouvaient depuis longtemps sur le territoire national, depuis longtemps chez le même employeur, avec une vraie volonté de celui-ci de leur offrir un emploi durable. Il y avait aussi une tension dans le secteur économique où elles exerçaient. C'est en effet le cas de la restauration dans les Hauts-de-Seine, avec un grand nombre de demandes et assez peu de personnes disponibles. Je n'ai pas vu les dossiers dans les autres départements, mais je crois qu'il y avait une vraie inégalité dans la qualité. Je ne suis pas là pour être cité en exemple par la CGT, mais pour faire respecter le droit. Reste que si les dossiers sont bons, rien ne sert de faire lanterner les gens. »
* Hier aucune régularisation n'avait été enregistrée sur les deux sites du Paris Golf & Country Club de Rueil et de l'entreprise BMS de Nanterre. Le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre Bousquet de Florian , s'étonne que les employeurs aient attendu des mouvements de grève pour se préoccuper de la situation de leurs salariés
[leparisien75]

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