vendredi 2 mai 2008

« Nous voulons sortir de la clandestinité »

le 02 mai 2008
Souleymane, 32 ans, travaille en France depuis huit ans. Il demande comme 529 autres sans-papiers une régularisation de sa situation.
LA PRÉFECTURE du Val-de-Marne étudie, au cas par cas, les dossiers des sans-papiers ; comme le font d'autres préfets en Ile-de-France à la demande du ministère de l'Immigration depuis le mouvement de grève lancé mi-avril par des travailleurs sans papiers soutenus par la CGT. Dans le département, 530 dossiers ont été reçus vendredi dernier, des mains de la CGT. C'est le plus gros contingent d'Ile-de-France.

Pour le moment, aucune régularisation n'est annoncée par les services de la préfecture. Parmi les demandeurs figure un certain Souleymane. Un Malien de 32 ans, ancien salarié de Métal couleur. « On est tous sans papiers. Mais on est des travailleurs » Il y a un an, alors qu'il travaillait depuis huit ans comme manutentionnaire dans cette entreprise de métal, à Bonneuil-sur-Marne, il est interpellé comme dix-huit autres personnes lors d'un contrôle de l'inspection du travail. Sans papiers, ils sont tous sous le coup d'une reconduite à la frontière. Elus de gauche et les syndicats CGT et CFDT réclament de l'indulgence au préfet. Ils demandent leur réintégration par l'entreprise et la régularisation par la préfecture. Le syndicat CGT organise des piquets de grève à Bonneuil et veut une table ronde à la préfecture. Le conflit durcit mais des négociations s'amorcent. Souleymane reçoit comme certains de ses compagnons un titre de séjour de trois mois en attendant l'examen complet de son dossier. Avec ce permis de séjour, il retrouve du travail dans le bâtiment à Vitry.« Mais quand les trois mois de sursis sont terminés, je suis allé renouveler mon titre de séjour. Et là, on me l'a refusé. On n'a régularisé que ceux qui étaient reintégrés chez Métal couleur », déplore Souleymane. Il repart à la case départ. « Aujourd'hui, je suis encore sans papiers », regrette-t-il. Toujours au côté du syndicat CGT, il est de toutes les manifestations. On le retrouve encore, mi-avril, parmi les occupants de la Fédération des entreprises de la propreté à Villejuif. Tenace, il fait partie de la délégation qui dépose en préfecture les dossiers, recueillis à Villejuif. « Je vais toujours à la préfecture avec la délégation. C'est un parcours auquel je suis habitué. Il y a eu Métal couleur, Paris Store, Seni, et maintenant des centaines à Villejuif », souligne le Malien. A la question de savoir s'il n'a pas peur d'être arrêté, Souleymane réplique, net : « On est tous sans papiers. C'est sûr. Mais, on est des travailleurs. On n'est pas à la rue. Nous ne sommes pas demandeurs de l'aide sociale. Ce qu'on veut, c'est les papiers et sortir de la clandestinité. » Hier, Souleymane était parmi les manifestants, place de la République, à Paris, avec ses camarades sans papiers soutenus par la CGT.

[RB]

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