Le 22 Mai 2008
NERVEUSEMENT, au milieu des rares tables encore en place, le patron allume une cigarette. Puis deux, puis trois... Peu importent les mégots, qui finissent écrasés par terre.
Peu importe la loi antitabac. Valerio Cesano, le créateur de la chaîne de restaurant italien Pastapapa, qui détient huit adresses à Paris, a décidé de fermer dans la précipitation son restaurant du 1 bis, rue Jean-Mermoz à deux pas des Champs-Elysées (VIII e ). Motif ? Mardi, lorsque 350 nouveaux sans-papiers ont décidé mardi de rejoindre le mouvement de grève des travailleurs étrangers d'Ile-de-France, le restaurateur a « découvert » qu'au moins six des salariés de son enseigne étaient clandestins. « Et depuis, ils occupent une partie de la salle du restaurant, tempête l'homme à la gestuelle méditerranéenne. C'est du chantage ! Je ne peux pas assurer un bon service dans ces conditions. Et je ne supporte pas l'idée que quelqu'un reste chez moi la nuit. Donc je m'en vais. »
Peu importe la loi antitabac. Valerio Cesano, le créateur de la chaîne de restaurant italien Pastapapa, qui détient huit adresses à Paris, a décidé de fermer dans la précipitation son restaurant du 1 bis, rue Jean-Mermoz à deux pas des Champs-Elysées (VIII e ). Motif ? Mardi, lorsque 350 nouveaux sans-papiers ont décidé mardi de rejoindre le mouvement de grève des travailleurs étrangers d'Ile-de-France, le restaurateur a « découvert » qu'au moins six des salariés de son enseigne étaient clandestins. « Et depuis, ils occupent une partie de la salle du restaurant, tempête l'homme à la gestuelle méditerranéenne. C'est du chantage ! Je ne peux pas assurer un bon service dans ces conditions. Et je ne supporte pas l'idée que quelqu'un reste chez moi la nuit. Donc je m'en vais. »
« C'est une situation totalement surréaliste »
Hier soir, après le passage de plusieurs camions de déménagement, c'était chose faite. « C'est une situation totalement surréaliste, commente un membre du syndicat Solidaires, qui soutient ce mouvement avec la CGT qui l'a initié le 15 avril dernier. Il ne doit pas vouloir vivre la même situation que son homologue de la chaîne de restaurants Chez Papa.
Il préfère donc déserter. »
Les salariés et les délégués syndicaux Solidaires ou CNT, eux, comptent bien rester. « Je travaille dans l'enseigne depuis trois ans, explique Amadou, 20 ans, Sénégalais. J'ai essayé plusieurs fois de déposer un dossier en préfecture, mais cela n'a jamais abouti. Maintenant que j'ai décidé de faire grève, je vais la faire jusqu'au bout. Peu importe que le patron reste ou non. »
Si Pastapapa est le seul restaurant où la situation est aussi « surréaliste », il n'est pas le seul à être occupé dans le secteur des Champs-Elysées depuis mardi matin. Le Bistrot romain, situé au 122 de l'avenue connaît la même situation. Comme le restaurant Market de l'avenue Matignon baptisé par les syndicats « la cantine des ministres ». Là-bas, malgré l'installation d'un piquet de grève et l'arrêt de travail de 13 employés, le patron continue d'assurer le service. Mais peut-être pas à la même clientèle.
[le parisien75]
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire