mercredi 14 mai 2008

Les treize premiers grévistes du 94 reçoivent un titre de séjour

Le 14 mai 2008

« C'EST magnifique ! C’est une nouvelle vie qui commence !» Un grand sourire sur les lèvres, Mobido ne cesse de brandir puis de regarder son récépissé sous toutes les coutures. Comme onze autres salariés sans papiers de l’entreprise de nettoyage Seni du Kremlin Bicêtre et un d’une autre entreprise, ce Malien, arrivé en France en 2001,est venu chercher un titre de séjour provisoire qui lui permet de vivre et de travailler en France pendant trois mois.

Si on compte les trois absents, la préfecture a ainsi régularisé seize des 200 travailleurs sans papiers répertoriés sur le département. Critères requis : avoir un contrat de travail et un patron qui accepte de verser une re devance d environ 850 Euros.
«C est pour assister à des moments comme ça qu’on lutte »
Ce sont les premiers sur le département depuis le mouvement de grève et d’occupation d’entreprises débuté à la mi avril. Pour ces étrangers en situation irrégulière qui paient leurs impôts tout en vivant dans la peur d’être arrêtés, il s’agit d’une véritable bouffée d’oxygène.
«C est pour assister à des moments comme ça qu on lutte, explique Caroline Aubry, représentante de la CGT pour les questions liées à l’immigration. C’est une avancée, on note qu il y a un état d’esprit constructif, mais il faut penser aux autres qui n’ont pas encore de papiers.» Dix pour cent des 1 000 dossiers de travailleurs sans papiers en Ile de France seraient, selon elle, traités positivement.
Dans la salle d’attente du service des étrangers de la préfecture, les treize hommes ont beau attendre deux heures avant d’obtenir leur sésame, rien n’entame la joie de ce grand jour.«On a attendu six, voire sept ans, et même plus. On peut bien patienter un peu plus !»glisse Djibril.
Ce Sénégalais de 37 ans, arrivé en France en 1999,n’a pas dormi de la nuit, tant il attendait ce moment.
«Ça change tout, estime t il. On va pouvoir être des hommes dignes, faire des projets familiaux, professionnels. Je n’aurai plus peur de sortir, de prendre le métro. C'est le bonheur !» Avec des papiers, on peut voyager. Mahamadou compte déjà retourner au Mali cet été pour faire connaissance avec son fils de 7 ans qu il n’a jamais vu. Sa femme était enceinte quand il est parti.«Je vais lui offrir un ballon !»projette t il avec enthousiasme. Avec des papiers, on peut se faire soigner, sans craindre de perdre une journée de salaire à cause d’une absence …

[Leparisien94]

Aucun commentaire: