samedi 3 mai 2008

CA PASSE EN FRANCE AUSSI!!!!!

le 3 mai 2008

La victime réclame des excuses publiques au fonctionnaire

Le «sale noir» qu'aurait prononcé un fonctionnaire du ministère de l'Immigration risque de faire grand bruit. Un vigile a porté plainte pour injure raciste à l'encontre d'un fonctionnaire du ministère de l'Immigration et réclame des «excuses publiques» pour retirer sa plainte. Une affaire révélée par l'hebdomadaire "Le Canard Enchaîné" dans son édition du 30 avril. La plainte du vigile a été déposée samedi 26 avril dans un commissariat du XIIe arrondissement de Paris et transmise au parquet de Créteil, les faits visés s'étant produits dans une grande surface du centre commercial Bercy 2 de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Retour en arrière. Selon le "Canard Echaîné", Gautier Béranger, adjoint au secrétaire général du ministère de l'Immigration, fait ses courses le 26 avril dans un magasin Carrefour et veut payer par chèque. Le montant étant élevé (528,06 euros), la caissière sollicite un vigile pour procéder à la vérification des papiers d'identité de l'acheteur.
C'est là que Gautier Béranger aurait déclaré au vigile Pierre-Damien Kitenge : «Monsieur, vous n'avez pas le droit de toucher mes papiers, sale noir». Et de poursuivre, selon le vigile insulté : «Je vous connais, vous êtes sans papiers et vous faîtes du trafic de papiers. Vous ne savez pas qui je suis, vous pouvez faire une croix sur votre carrière».M. Béranger «a demandé à voir un responsable, m'a demandé mon nom et mon badge professionnel en disant que c'était lui qui donnait les agréments aux entreprises de gardiennage et de sécurité», a rapporté M. Kitenge lors d'un entretien téléphonique à l'Agence France Presse. M. Béranger aurait alors «sorti une carte de visite de sa poche avec la mention ministère de l'Immigration que j'ai prise sans paniquer».«Choqué» d'avoir été traité de la sorte, le vigile a porté plainte après son service. Convoqué par le directeur du magasin Carrefour, il se serait vu demander de retirer sa plainte, au motif que M. Béranger, contacté par le gérant du magasin, aurait déjà présenté des excuses. Un retrait de plainte auquel se refuse le vigile : «J'assume ce que je fais, je maintiens ma plainte dès lors qu'il ne m'a pas présenté des excuses publiques. Ce n'est pas parce qu'il est haut placé au ministère que je dois changer la couleur de ma peau ! Je suis noir, je le resterai toute ma vie et je suis fier de l'être», a déclaré à l'AFP. Cette procédure pour «diffamation et injure à caractère racial» vise nommément Gautier Béranger.

Les peines encourues sont respectivement d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, et de 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende. Depuis, Pierre-Damien Kitenge dit avoir reçu «trois ou quatre appels anonymes» lui intimant de retirer sa plainte, «déposée en son nom propre». Il aurait également reçu une lettre recommandée de son employeur, qu'il interprète comme «une sommation à se taire». «Mon travail est en jeu, il n'y a plus grand espoir. Une fois que les médias m'auront oublié, je serai mis à la porte ni vu ni connu», pronostique-t-il. Avant de s'efforcer de plaisanter: «Demandez au ministre (Brice Hortefeux) de me trouver du travail parce que c'est mal parti pour moi». Selon lui, des employés, témoins de la scène, lui avaient proposé de témoigner en sa faveur mais auraient été «sommés par leur direction de ne pas faire de commentaire et encore moins de témoigner».
[AFP]

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