Le 20 Mai 2008
CHOISY-LE-ROI.
Le tribunal rend sa décision aujourd'hui concernant la demande d'expulsion du magasin Paris Store occupé par des sans-papiers en grève pour obtenir leur régularisation.
L'ENTREPRISE d'agroalimentaire asiatique Paris Store, dont le siège est à Thiais, veut en finir avec le blocus de sonmagasin de Choisy. Depuis près de cinq semaines, ses anciens salariés sans papiers réclament leur réintégration dans l'entreprise et leur régularisation par la préfecture. Paris Store s'en est donc remis à la justice, comme l'a fait la Fédération des entreprises de propreté, dont une partie des locaux, à Villejuif, avait été occupée en avril par d'autres sans-papiers pour demander leur évacuation.
C'est dire que le référé est attendu aujourd'hui avec impatience par les deux parties.
« Ils dorment, ilsmangent et prient dans le hall d'entrée depuis près de cinq semaines. Ils ont une télé et des sacs de couchage. Cinq semaines, c'est trop. Ça commence à gêner sérieusement notre activité. Résultat : une baisse de 40 % du chiffre d'affaires », se lamente une adjointe à la direction de Paris Store.De leur côté, les sans-papiers, tous d'origine africaine, ne veulent pas polémiquer. « On fait une démonstration en occupant le hall, mais à aucun moment nous ne gênons l'activité du magasin. Il y a même des clients qui se montrent solidaires de notre action », explique Gandida, un desmanutentionnaires licenciés du dépôt de Paris Store à Thiais, après le contrôle de la Direction départementale du travail en avril 2007.
« C'est à l'Etat qu'ils doivent s'adresser... »
Agé de 26 ans, Gandida est comme quinze autres sans-papiers à camper devant l'entreprise d'alimentation asiatique. Commeil l'a fait devant le dépôt de Thiais où il travaillait avec ces mêmes salariés au lendemain de leur remise en liberté après leur interpellation en avril 2007.
Soutenus par la CGT, comme ceux de Métal Couleur, de Velux, les salariés occupent les locaux et attendent une réponse de la préfecture après le dépôt, par la CGT, de leurs dossiers de régularisation. A Paris Store, seules trois personnes ont été régularisées à ce jour. « A la préfecture, on me demande une promesse d'embauche, et le patron ne veut pas me la procurer parce que je n'ai pas de papiers. C'est impossible comme ça », explique calmement Gandida, qui garde espoir. Il veut être régularisé commeDiakité, un de ses camarades de Thiais qui a fini par reprendre son travail chez Paris Store. Hier, une nouvelle réunion entre les syndicats et la direction du magasin ne l'a pas rassuré. « Paris Store se dit prêt à réintégrer deux ou trois personnes, mais pas l'ensemble de ses anciens employés. Il faut qu'ils soient tous réintégrés », clame le délégué CGT.
A Choisy, la responsable de Paris Store veut croire à la fin du conflit après le résultat du référé, aujourd'hui. Et de conclure, navrée : « Si j'étais ministre, je leur donnerais un permis de trois mois pour qu'ils aillent trouver du travail. Mais moi, je ne suis pasministre. Je n'y peux rien. C'est à l'Etat qu'ils doivent s'adresser... » Dehors, la CGT persiste et veut mobiliser davantage pour faire pression. Avec RESF et d'autres syndicats, un rassemblement de soutien aux sans-papiers est prévu demain soir devant le magasin.
[leparisien94]
CHOISY-LE-ROI.
Le tribunal rend sa décision aujourd'hui concernant la demande d'expulsion du magasin Paris Store occupé par des sans-papiers en grève pour obtenir leur régularisation.L'ENTREPRISE d'agroalimentaire asiatique Paris Store, dont le siège est à Thiais, veut en finir avec le blocus de sonmagasin de Choisy. Depuis près de cinq semaines, ses anciens salariés sans papiers réclament leur réintégration dans l'entreprise et leur régularisation par la préfecture. Paris Store s'en est donc remis à la justice, comme l'a fait la Fédération des entreprises de propreté, dont une partie des locaux, à Villejuif, avait été occupée en avril par d'autres sans-papiers pour demander leur évacuation.
C'est dire que le référé est attendu aujourd'hui avec impatience par les deux parties.
« Ils dorment, ilsmangent et prient dans le hall d'entrée depuis près de cinq semaines. Ils ont une télé et des sacs de couchage. Cinq semaines, c'est trop. Ça commence à gêner sérieusement notre activité. Résultat : une baisse de 40 % du chiffre d'affaires », se lamente une adjointe à la direction de Paris Store.De leur côté, les sans-papiers, tous d'origine africaine, ne veulent pas polémiquer. « On fait une démonstration en occupant le hall, mais à aucun moment nous ne gênons l'activité du magasin. Il y a même des clients qui se montrent solidaires de notre action », explique Gandida, un desmanutentionnaires licenciés du dépôt de Paris Store à Thiais, après le contrôle de la Direction départementale du travail en avril 2007.
« C'est à l'Etat qu'ils doivent s'adresser... »
Agé de 26 ans, Gandida est comme quinze autres sans-papiers à camper devant l'entreprise d'alimentation asiatique. Commeil l'a fait devant le dépôt de Thiais où il travaillait avec ces mêmes salariés au lendemain de leur remise en liberté après leur interpellation en avril 2007.
Soutenus par la CGT, comme ceux de Métal Couleur, de Velux, les salariés occupent les locaux et attendent une réponse de la préfecture après le dépôt, par la CGT, de leurs dossiers de régularisation. A Paris Store, seules trois personnes ont été régularisées à ce jour. « A la préfecture, on me demande une promesse d'embauche, et le patron ne veut pas me la procurer parce que je n'ai pas de papiers. C'est impossible comme ça », explique calmement Gandida, qui garde espoir. Il veut être régularisé commeDiakité, un de ses camarades de Thiais qui a fini par reprendre son travail chez Paris Store. Hier, une nouvelle réunion entre les syndicats et la direction du magasin ne l'a pas rassuré. « Paris Store se dit prêt à réintégrer deux ou trois personnes, mais pas l'ensemble de ses anciens employés. Il faut qu'ils soient tous réintégrés », clame le délégué CGT.
A Choisy, la responsable de Paris Store veut croire à la fin du conflit après le résultat du référé, aujourd'hui. Et de conclure, navrée : « Si j'étais ministre, je leur donnerais un permis de trois mois pour qu'ils aillent trouver du travail. Mais moi, je ne suis pasministre. Je n'y peux rien. C'est à l'Etat qu'ils doivent s'adresser... » Dehors, la CGT persiste et veut mobiliser davantage pour faire pression. Avec RESF et d'autres syndicats, un rassemblement de soutien aux sans-papiers est prévu demain soir devant le magasin.
[leparisien94]
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