mercredi 14 mai 2008

Cinq semaines d’occupation : Papa «craque »

Le 14 mai 2008

IL AVAIT volontiers posé au milieu de ses salariés sans papiers pour leur témoigner son soutien. Il avait crié haut et fort qu’il les embaucherait une fois qu ils seraient régularisés. Mais aujourd’hui, Bruno Druilhe, le truculent patron des restaurants Chez Papa, dont la barbe brune et le visage avenant incarnent le logo de la chaîne, en a «ras le bol.»
Cinq semaines après le début de la grève des travailleurs sans papiers d’île de France orchestrée par la CGT,son restaurant de la rue La Fayette (X e ) n’a pas servi un seul couvert. Et une trentaine de plongeurs et cuisiniers, employés grâce à des faux papiers dans les dix restaurants parisiens de la chaîne de restauration du Sud Ouest l’occupent jour et nuit.
«Au début je ne me suis pas trop inquiété, témoigne Bruno Druilhe. Je me disais que grâce à mon soutien, grâce à toutes les feuilles de paye dont ils disposaient, ces salariés seraient vite régularisés et que l’on pourrait reprendre le travail. Mais j’ai le sentiment que rien n ‘avance. Pendant ce temps là, mon restaurant rue Louis Blanc, qui fait le plus gros chiffre d affaires, ne tourne plus...Je craque !»
Aucun employé régularisé. Et l’occupation risque de durer. Car, pour le moment aucun employé de Chez Papa n’a été régularisé et seule une dizaine ont été convoqués à la préfecture de Paris. Une lenteur qui contraste avec les autres départements d’Ile de France, où une soixantaine de personnes a été régularisée depuis le début du mouvement.
«Nous avons décidé de faire grève pour avoir des papiers et nous la ferons jusqu au bout, affirment d’une même voix les trois porte parole des employés de Chez Papa qui dorment sur place depuis le 15 avril.
Nous savons que le patron en a assez. Mais nous aussi. Depuis un mois, nous ne percevons plus de salaire :nous avons envie de reprendre le travail! Mais la préfecture traîne.»Même s’il «veut tout faire pour éviter d’en arriver là »,Bruno Druilhe envisage de recourir à l’expulsion si l’occupation de son restaurant perdure.
[le parisien75]

Aucun commentaire: