Paris
Depuis le 20 mai, 33 salariés de la chaîne italienne sont reclus dans le restaurant de l'avenue des Champs-Elysées, dans l'attente de régularisations.ILS AURONT encore passé l'après-midi à tenter de trouver un accord. En vain : les 33 salariés sans papiers de la chaîne de restauration italienne ont passé hier leur huitième nuit au Bistro Romain du 122, avenue des Champs-Elysées, fermé au public. Depuis mardi 20 mai, ces cuisiniers ou serveurs maliens, sénégalais ou mauritaniens ont élu domicile derrière les drapeaux rouges de la CGT scotchés sur la façade, en attendant leur régularisation.
Ils dorment sur les banquettes ou par terre, utilisent la douche de service, se nourrissent des plats déposés par leurs proches dans le sas de l'entrée...
Impossible de sortir s'ils veulent poursuivre l'occupation : dès le début de la grève, entamée en même temps dans cinq autres établissements du quartier des Champs-Elysées, la direction du Bistro Romain a dépêché une demi-douzaine de vigiles qui se relaient jour et nuit dans le restaurant.
« Ils ne laissent entrer personne »
« Ils ne laissent entrer personne sauf un délégué syndical : ni nos collègues grévistes, ni les journalistes, témoigne Djimo, joint par téléphone. Si nous sortons, nous ne pourrons plus revenir pour continuer à faire pression. »
Une situation ubuesque si elle ne devenait critique. Les conditions d'hygiène étaient devenues « effroyables », décrit un gréviste avant l'intervention, hier, d'une société de ménage. « Des membres de la direction les réveillent en pleine nuit pour leur lire des communiqués », dénonce Françis Bottalico, responsable CGT.
Depuis une semaine, les discussions buttent sur le nombre de dossiers à défendre auprès de la préfecture. Les salariés demandent d'inclure ceux d'anciens collègues licenciés faute de papiers. En attendant, devant le restaurant, les allées et venues sont incessantes, syndicalistes et proches des grévistes se relayant pour soutenir les « reclus ».
La direction de l'établissement rappelle, elle, que l'entreprise, « respectueuse des règles sociales », « s'est mobilisée pour présenter les demandes de régulation ». Elle a engagé une procédure pour diffamation contre « les informations totalement erronées diffusées par certains représentants de la CGT ».
[le parisien75]
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