samedi 24 mai 2008

18 ouvriers sans papiers occupent leur entreprise

Le 24 Mai 2008
Montreuil (93)
ILS ONT collé des autocollants rouges sur leurs poitrines et accroché des drapeaux CGT à la porte de leur entreprise de démolition, dans l'impasse des Batteries à Montreuil. Depuis jeudi, les salariés sans papiers de Griallet occupent leur usine pour réclamer leur régularisation. Dans leur ligne de mire, leur patron, Jean-Luc Griallet, qui a suspendu leurs contrats de travail mercredi après-midi.
« Il nous a dit de rentrer chez nous, mais nous n'allons pas nous laisser faire ! » menace Kamara, qui travaille ici depuis 2000. Sur les 26 employés de la société, 18 sont en situation irrégulière. « Nous n'avons pas de vacances, nos heures supplémentaires n'ont jamais été payées, nos salaires ne sont jamais les mêmes mais quand on proteste, notre patron nous dit : Si t'es pas content, tu n'as qu'à partir ! » poursuit Sacko. Pis encore, ces ouvriers accusent Griallet de les avoir exposés au plomb et à l'amiante. « Quand je suis arrivé en 2003, j'ai bataillé pour avoir des masques, des gants, des combinaisons car on n'utilisait pas de protection », assure Jocelin Loubli, représentant CGT.
« Nous n'allons pas nous laisser faire ! »
En plus de leur régularisation, les salariés réclament le paiement des heures depuis la suspension du contrat et la remise d'attestations d'exposition à l'amiante et au plomb.
Mis en cause, Jean-Luc Griallet, qui dément formellement ces accusations d'exposition à l'amiante et au plomb, s'avoue désarmé sur la situation des sans-papiers. « Je leur ai déjà donné des lettres de recommandation pour obtenir leurs papiers », se défend le patron, ce que conteste le syndicat. Selon lui, ces hommes travaillaient avec de « vrais-faux papiers ». « Certains sont chez moi depuis cinq ou huit ans, ils ont passé la visite médicale, ils sont couverts par la Sécu, ils paient leurs impôts. Comment pouvais-je savoir qu'ils n'étaient pas en règle ? J'ai essayé de me rapprocher de l'inspection du travail, mais personne ne peut m'aider à gérer cela ! » déplore le chef d'entreprise, qui redoute de devoir mettre la clé sous la porte si ce conflit persistait. Hier, la CGT et les sans-papiers ont lancé un appel à la solidarité des Montreuillois qui peuvent venir témoigner de leur soutien à l'union locale CGT au 24, rue de Paris.
[le parisien93]

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les menaces laissent des traces.

En ce qui concerne la famille (seul 4 personnes sont en règle avec leurs papiers). Les "sans papiers" savaient bien qu'ils leur faudraient leurs vrais papiers en venant en France. Au lieu de ça ils sont venus avec de vrais faux papiers.

Moi je dis Bonne continuation à l'entreprise GRIALLET