mercredi 30 avril 2008

Des sans-papiers du CSP 92 investissent une église

le 30 avril 2008
Une cinquantaine de sans-papiers occupent l'église Saint-Paul pour exiger des régularisations et la fin des arrestations à la préfecture.
PROFITANT de « la conjoncture actuelle dans le 92 », comme le dit lui-même leur porte-parole, environ cinquante sans-papiers ont investi l'église Saint-Paul, àNanterre, pour tenter d'obtenir des régularisations massives. Après une discrète arrivée dans les lieux lundi, une trentaine d'entre eux s'apprêtaient hier soir à passer la nuit dans l'annexe de l'église. Des Maliens, des Marocains, des Algériens, membres du Collectif des sans-papiers des Hauts-de-Seine (CSP 92), qui n'entendent pas renoncer avant la satisfaction de leurs revendications.
Celles-ci sont « claires et simples », selon Boussad Seghir, le porte-parole du mouvement. « Nous voulons l'arrêt des arrestations au guichet de la préfecture, une rencontre avec le préfet et la régularisation de tous les occupants de l'église. »
« Je suis là depuis 1991 et je travaille »
Boussad affirme que « tous sont des cas sérieux », avec « famille, enfants, travail ». « Je suis là depuis 1991 et je travaille », raconte Ouafa, 36 ans. La tristesse imprimée sur le visage, Ouafa s'emporte rapidement quand elle raconte son job de « garde d'enfants », le refus de se voir délivrer une carte de séjour en 2001, le mariage qu'elle a refusé mais qui lui aurait donné des papiers... A côté de Ouafa, Cissé finit tout juste son assiette de spaghettis à la sauce tomate. Timidement, il relate aussi sa galère. Les faux papiers pour obtenir un travail, la lassitude, le désespoir parfois. Comme Saïwa, qui se demande parfois ce qu'il est venu faire en France. « J'ai quitté le Mali en 2001 parce que là-bas on n'a rien. C'est la misère. Mais je ne savais pas que ce serait si dur en France. Si j'avais su, je ne serais pas venu, mais partir serait trop difficile. » Alors il « tente ». Comme ses camarades de galère, Saïwa prévoit de dormir dans l'annexe de l'église « jusqu'au bout s'il faut ». Les occupants sont déterminés, cinq d'entre eux n'hésitant pas à débuter une grève de la faim. Hier soir, le campement s'organisait peu à peu. On collecte l'argent pour faire les courses, on se soucie de « la logistique ». « Certains vont chercher les matelas, d'autres s'occupent de tout ce qu'il nous faut sur place. Des voisins nous ont apporté à manger et des couvertures », précise Boussad Seghir. « On ira au bout », promet-il aussi. D'abord « furieux » de découvrir son église investie lundi soir, le curé de Saint-Paul aurait assuré son soutien aux sans-papiers. « Nous comprenons sa colère mais finalement il nous comprend aussi », observe le porte-parole du mouvement. Il y a dix ans, le même collectif avait occupé la même église. D'ailleurs, c'est la banderole confectionnée à cette époque que le CSP 92 a accrochée hier dans l'annexe de Saint-Paul. Après six mois d'occupation en 1998, plusieurs dizaines de sans-papiers avaient obtenu leur régularisation.
[le parisien]

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