dimanche 27 avril 2008

lorsque l'Etat de loi devient l'Etat des cas par cas.

le 27 avril 2008


L’EXAMEN au cas par cas des demandes de régularisation des salariés sans papiers en grève? 68 %des Français sont pour, selon le sondage de CSA pour «le Parisien »et «Aujourd’hui en France ».
Sans qu’on puisse dire de façon certaine s’ils préfèrent cette solution à une régularisation massive ou à des expulsions. Jugé peu convaincant sur l’ensemble des thèmes traités lors de sa prestation télévisée de jeudi («le Parisien »et «Aujourd’hui en France » du 26 avril),Nicolas Sarkozy est au moins suivi par l’opinion sur ce terrain là. Les plus convaincus sont les femmes (74 %),les 30 49 ans (71 %),
Les professions intermédiaires(71%)et les employés(70%),les étudiants(73 %)et les retraités (72 %).
Les plus diplômés y sont plus favorables (76 %)que les personnes interrogées qui sont au niveau du brevet des collèges (60 %).
Dans le spectre politique, ce sont sans surprise les électeurs de l’UMP (82 %)et du MoDem de François Bayrou (74 %)qui applaudissent.
Mais les électeurs du PS ne sont pas en reste avec un taux d’approbation de 69 %.
En revanche, ça coince un peu aux deux bouts de l’échiquier : «seulement »58 %des électeurs d’extrême gauche approuvent la régularisation au cas par cas, sans doute
parce qu ils souhaitent une régularisation générale ;tandis que les électeurs d extrême droite ne sont «que» 56 %à partager l’opinion du chef de l’Etat, sans doute parce qu ils ne veulent pas d’immigration du tout.

50 000 cas possibles dans la restauration
Les Français viennent en fait de découvrir ce phénomène en apparence contradictoire, et en tout cas surréaliste : des salariés dûment déclarés et payés par des entreprises françaises sont des travailleurs sans papiers qui ont parfois, pour se faire embaucher, utilisé des identités autres que les leurs. Et quand ils se sont mis en
grève récemment, dans des restaurants proches des Champs Elysées puis sur l île de la Jatte à Neuilly, ils ont reçu le soutien de leurs patrons, qui affirment les avoir employés sans connaître leur véritable statut.
Outre la restauration, c’est le cas dans des entreprises du bâtiment ou de nettoyage. Près de mille dossiers de régularisation ont déjà été déposés en Ile de France, et on parle de 50000 cas possibles, rien que dans la restauration
!Jeudi soir, à la télévision, Nicolas Sarkozy a d’ailleurs confondu, sciemment ou non, régularisation et naturalisation en déclarant notamment:«On ne devient pas français parce qu on travaille dans la cuisine d’un restaurant, aussi sympathique soit il.»Or,les employés grévistes ne demandent pas la nationalité française, mais un titre de séjour.
Titre que les Français semblent donc leur conseiller de réclamer individuellement, au cas par cas, afin de sortir de la clandestinité.

[leparisien]

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