EN INVESTISSANT, il y a un an jour pour jour, l’église Saint Paul de Massy, les sans papiers pensaient que leur mouvement n’allait pas durer. Après cinq mois d'occupation, ils espéraient aussi plus de régularisations .
Sur près de 500 dossiers déposés, la préfecture a fait savoir que seules 103 personnes obtiendraient gain de cause et que 296 autres se verraient signifier un refus de séjour. Restent 80 dossiers, toujours en cours d'examen.
«103,c ’est peu et beaucoup à la fois. Peu parce qu'on veut toujours plus, mais pas si mal vu le contexte politique », résume Sylvie Chevalin, l une des coordinatrices de l'occupation. Une formule en demi teinte qui reflète bien le sentiment des différents occupants.
Wahiba et Sabrina, toutes deux Algériennes, ainsi que leurs époux, font partie des heureux élus. Elles pourront ensuite formuler une demande pour leurs enfants. «Notre joie ne peut pas être entière, tempère pourtant Sabrina,34 ans. Ma voisine est enceinte et on lui a refusé son titre de éjour. Quand je la croise, je ne peux pas montrer ma joie.»«Je pensais que nous aurions tous les papiers, explique Wahiba. Or, sur cinq amies ,deux restent sans rien. On a vécu tellement de choses ensemble dans l’église. Quand je l’ai su, j en ai été malade pendant deux jours …»
Si elles savent qu’elles font bien partie des 103 régularisés, Wahiba et Sabrina n’ont pas encore officiellement reçu leurs papiers. Elles restent donc discrètes, et refusent d’apparaître à visage découvert.«On a vécu trop longtemps comme ça, il faudra avoir les papiers en main pour qu’on réalise vraiment »,justifie Wahiba.
«Dans le RER,en venant, j ai vu la police et j ai pris peur »,raconte Sabrina.
Régulariser sur la base du critère travail
Pour d autres comme Soundjata*,la prudence reste de mise. Ce Malien de 28 ans, en France depuis huit ans, fait partie des «refusés ».«J ai lâché mon travail pour m investir dans l occupation et sortir de l’anonymat, j ai mis de côté ma vie de famille et je me retrouve sur le carreau, c’est dur.»Locataire, titulaire d’une formation de sécurité incendie, gérant durant deux ans et une promesse d’embauche en main, Soundjata n’a pas été retenu, alors que la préfecture avait annoncé vouloir régulariser sur la base du critère travail.«Je ferai un recours, je ne désespère pas, sourit tout de même le dynamique jeune homme. Tout ce que je demande, c’est un titre de séjour d’un an. Qu’on me laisse juste prouver que je suis un travailleur.»
*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.
Wahiba et Sabrina, toutes deux Algériennes, ainsi que leurs époux, font partie des heureux élus. Elles pourront ensuite formuler une demande pour leurs enfants. «Notre joie ne peut pas être entière, tempère pourtant Sabrina,34 ans. Ma voisine est enceinte et on lui a refusé son titre de éjour. Quand je la croise, je ne peux pas montrer ma joie.»«Je pensais que nous aurions tous les papiers, explique Wahiba. Or, sur cinq amies ,deux restent sans rien. On a vécu tellement de choses ensemble dans l’église. Quand je l’ai su, j en ai été malade pendant deux jours …»
Si elles savent qu’elles font bien partie des 103 régularisés, Wahiba et Sabrina n’ont pas encore officiellement reçu leurs papiers. Elles restent donc discrètes, et refusent d’apparaître à visage découvert.«On a vécu trop longtemps comme ça, il faudra avoir les papiers en main pour qu’on réalise vraiment »,justifie Wahiba.
«Dans le RER,en venant, j ai vu la police et j ai pris peur »,raconte Sabrina.
Régulariser sur la base du critère travail
Pour d autres comme Soundjata*,la prudence reste de mise. Ce Malien de 28 ans, en France depuis huit ans, fait partie des «refusés ».«J ai lâché mon travail pour m investir dans l occupation et sortir de l’anonymat, j ai mis de côté ma vie de famille et je me retrouve sur le carreau, c’est dur.»Locataire, titulaire d’une formation de sécurité incendie, gérant durant deux ans et une promesse d’embauche en main, Soundjata n’a pas été retenu, alors que la préfecture avait annoncé vouloir régulariser sur la base du critère travail.«Je ferai un recours, je ne désespère pas, sourit tout de même le dynamique jeune homme. Tout ce que je demande, c’est un titre de séjour d’un an. Qu’on me laisse juste prouver que je suis un travailleur.»
*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.
[le parisien]
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